
La Suisse doit-elle développer des marchés d’exportation pour l’industrie et les grandes entreprises ou bien assurer la protection des paysans suisses? En réalité la réponse doit être affirmative pour les deux cas de figure. Notre pays situé au cœur de l’Europe doit rester ouvert et participer aux divers échanges sur les marchés internationaux.
Cependant, les pulsions de certains dirigeants économiques d’Avenir suisse pour une ouverture totale des marchés relèvent d’une certaine utopie face au développement durable. L’économie de marché doit être intégrée dans un contexte social et environnemental. Pour cela l’agriculture est un domaine indispensable et incontournable.
En réalité, les paysans suisses n’auraient donc pas de quoi se réjouir de l’ouverture totale des marchés. Accepter plus d’accords de libre-échange pour les produits agricoles venant du Mercosur, de l’Union européenne ou d’autres contrées sera toujours synonyme d’une baisse des prix agricoles pour nos paysans sans que leurs frais de production diminuent.
A l’heure actuelle la politique commerciale de notre nourriture ne peut plus être calculée de manière uniquement économique, mais aussi en prenant en compte la politique sociale et environnementale. Le développement durable est sur toutes les lèvres, ces dernières années l’agriculture suisse a relevé un grand défi environnemental en direction de la multifonctionnalité en limitant les pesticides et les engrais. L’arrivée de Guy Parmelin au Département de l’économie sera-t-elle un tournant vers plus de souveraineté alimentaire pour notre pays comme le demande la population? Les milieux agricoles gardent un certain espoir pour que la politique économique libre-échangiste du Conseil fédéral suive la voie de la raison.
Jean-Pierre Grin
Conseiller National UDC